Une avocate en veste grise échange avec un homme assis en face d’elle dans un bureau, avec des feuilles et un dossier…
Blog

Pension alimentaire non payée : que faire et comment la recouvrer ?

26
SEPT
Par Maître Anaïs JOLLY

Publié le

Impayés de pension alimentaire : réflexes immédiats, options de recouvrement (CAF/ARIPA, exécution), et points de vigilance pour adapter la décision devant le JAF en Ille-et-Vilaine.

Vous faites face à un non-paiement de pension alimentaire. Les charges restent. Mais le versement ne tombe plus. Pour agir efficacement, allez à l’essentiel : vérifier le titre exécutoire, chiffrer les arriérés, puis choisir la voie de recouvrement la plus adaptée (CAF/ARIPA, paiement direct, saisies). Nous vous guidons avec des démarches concrètes. Nos exemples couvrent aussi les dossiers près du Tribunal judiciaire de Rennes.

En bref : 1) mettez à jour votre décompte (mois par mois) et joignez les preuves bancaires. 2) Si vous avez peu d’infos sur le débiteur : CAF/ARIPA (intermédiation/recouvrement selon votre situation). 3) Si l’employeur ou la banque du débiteur sont identifiés : commissaire de justice (paiement direct auprès de l’employeur, saisie sur compte auprès de la banque).

Pension alimentaire impayée : vos premiers réflexes

Vérifier immédiatement le titre exécutoire

Retrouvez le document qui fixe la pension : jugement du JAF, ordonnance, convention homologuée, convention de divorce par consentement mutuel déposée chez un notaire ou plus généralement tout acte ayant force exécutoire fixant la pension. Sans titre exécutoire, les mesures de recouvrement forcé sont impossibles : il faut d’abord disposer d’un titre (et, en pratique, de sa copie exécutoire). Demandez une copie exécutoire si besoin.

Calculer précisément l’arriéré

Dressez la liste des mois impayés. Calculez l’arriéré en distinguant le principal et l’indexation prévue. Tenez un tableau clair. Ajoutez les relevés bancaires justifiant l’absence de versement.

Contacter l’autre parent sans tarder

Un message factuel peut débloquer une situation. Précisez la période impayée, le montant dû et un délai de régularisation. Notez toute explication. Elle guidera une révision éventuelle ou un recouvrement forcé.

Ne pas lier paiement et droit de visite

Ne conditionnez pas le droit de visite au paiement. Ce sont deux sujets juridiques distincts. Inversement, le fait que le droit de visite ne soit pas respecté ne justifie pas d’arrêter de payer la pension.

Quelles solutions pour recouvrer les impayés sans perdre de temps

Toutes les options ne se valent pas. Choisissez selon les informations disponibles, l’urgence et le volume d’arriéré. Une stratégie unique, claire et documentée vaut mieux que des démarches dispersées.

CAF/ARIPA : intermédiation et recouvrement

  • Objet : sécuriser les versements (intermédiation) et, selon votre situation et dans les limites prévues, engager un recouvrement des impayés.
  • Prérequis : en pratique, un titre exécutoire fixant la pension est nécessaire pour engager des démarches de recouvrement, ainsi qu’un décompte des sommes dues ; si vous ne disposez pas encore d’un titre, l’organisme peut aussi vous orienter sur les démarches à engager.
  • Intérêt : utile si vous avez peu d’informations sur le débiteur ou si la relation est conflictuelle.
  • Limites : délais dépendants des organismes. Le recouvrement reste encadré par la loi et votre situation (ex. versement de l’ASF sous conditions).

Paiement direct par commissaire de justice

  • Quand l’utiliser : dès qu’au moins une échéance est impayée et qu’un employeur ou organisme payeur est identifié (salaires, caisse de retraite).
  • Effets : prélèvement à la source des échéances à venir et, dans la limite prévue, des 6 derniers mois d’arriérés à la date de la notification.
  • Pièces : titre exécutoire, décompte, coordonnées de l’employeur/organisme, RIB.
  • Déroulé : la notification au tiers payeur oblige l’employeur/organisme à prélever, dans la limite des sommes qu’il doit au débiteur. L’effet apparaît en général sur les paies suivantes.
  • Coûts : frais réglementés, en principe à la charge du débiteur. Une avance peut être demandée.
  • Limites : inefficace si l’employeur n’est pas connu, emploi instable, ou revenus insuffisants.

Saisies sur salaires et sur comptes

  • Saisie des rémunérations : procédure spécifique permettant de prélever une fraction des salaires selon un barème légal. Peut être utile notamment pour recouvrer des arriérés au-delà de 6 mois.
  • Saisie-attribution (comptes bancaires) : possible avec un titre exécutoire ; un commissaire de justice peut, sous conditions, rechercher les comptes du débiteur. Effet immédiat sur les avoirs disponibles au jour de la saisie, sous réserve du solde bancaire insaisissable.
  • Limites : résultats liés aux flux et à la solvabilité. Contestations possibles devant le JEX.

Ordre de priorité recommandé (à adapter à votre dossier) :

  1. Paiement direct si l’employeur est connu.
  2. CAF/ARIPA si vous manquez d’informations ou pour sécuriser durablement les versements.
  3. Saisie des rémunérations pour les arriérés au-delà de 6 mois.
  4. Saisie-attribution si des mouvements bancaires sont identifiés.
Une avocate en tenue professionnelle examine un dossier en face d’un homme assis à un bureau.

En cas de blocage ou de contestation, certaines étapes relèvent de l’exécution et peuvent conduire devant le juge de l’exécution. Préparez un dossier clair et documenté avant d’escalader.

Délais, prescription et risque pénal : repères essentiels

Agir tôt pour éviter l’enlisement

Plus vous agissez tôt, plus le recouvrement est simple. L’arriéré grossit vite. Le débiteur peut changer d’emploi ou d’adresse.

Prescription des échéances impayées

Les pensions sont des créances périodiques. Chaque mensualité impayée se prescrit en principe par 5 ans, à compter de son exigibilité. Des actes peuvent interrompre ce délai (action en justice, acte d’exécution, reconnaissance de dette). Même avec un titre exécutoire, les arriérés restent soumis à la prescription : en pratique, les mensualités les plus anciennes peuvent être prescrites si aucun acte interruptif n’a été fait à temps. En pratique, n’attendez pas. Vérifiez le cadre applicable à votre décision et aux échéances échues. Pour un rappel détaillé, consultez la fiche dédiée de Service-Public.fr sur les pensions impayées.

Risque pénal : l’« abandon de famille »

Un non-paiement délibéré pendant plus de deux mois peut caractériser l’abandon de famille lorsqu’une personne se soustrait volontairement, sans motif légitime, à une obligation (notamment une pension alimentaire) fixée par une décision de justice, une convention homologuée ou une convention de divorce par consentement mutuel déposée chez un notaire. Le pénal ne remplace pas le recouvrement. Il peut toutefois constituer un levier. Prenez conseil avant toute plainte.

Cas fréquents : adapter la stratégie

Débiteur salarié

  • Priorité : paiement direct via l’employeur.
  • Si l’arriéré dépasse 6 mois : compléter par une saisie des rémunérations.
  • Astuce : vérifiez le bon organisme payeur (intérim, caisse de retraite, etc.).

Débiteur indépendant (artisan, auto-entrepreneur, libéral)

  • Priorité : saisie-attribution sur comptes bancaires avec un titre exécutoire.
  • Compléments : saisie-vente de biens mobiliers si nécessaire.
  • Limite : pas de paiement direct sans employeur identifié.

Débiteur au chômage ou revenus irréguliers

  • Priorité : ARIPA pour sécuriser et centraliser les flux.
  • Voies d’exécution : certaines allocations peuvent être partiellement affectées à la dette alimentaire selon les règles en vigueur.
  • Surveillance : mettez à jour les informations de situation tous les 3 à 6 mois.

Débiteur à l’étranger

  • Priorité : vérifiez le pays de résidence et les conventions applicables.
  • Canaux : recours aux mécanismes de recouvrement international (Union européenne / conventions internationales). Un accompagnement est recommandé.
  • ARIPA : utile pour centraliser l’échange d’informations et initier les démarches.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Compensation unilatérale (ex. déduire des frais avancés) : évitez sans décision ou accord homologué.
  • Accord oral non formalisé : faites formaliser les aménagements par une décision ou un accord ayant force exécutoire. À défaut, la pension fixée par le titre reste due.
  • Mauvaise indexation : appliquez l’indice et la date prévus par la décision. Tenez un tableau d’indexation.
  • Démarches simultanées mal coordonnées : choisissez une stratégie prioritaire et documentée.
  • Preuves éparses : centralisez pièces et relevés. Mettez à jour le décompte chaque mois.

Et si la situation a changé : recouvrer le passé, adapter l’avenir

Recouvrer ce qui est déjà dû

Le recouvrement vise les sommes échues. Poursuivez vos démarches pour les arriérés, même si l’organisation familiale évolue.

Adapter la pension pour l’avenir

Si la situation change durablement (ressources, charges, organisation), une demande de modification peut s’imposer. Tant qu’une nouvelle décision n’a pas modifié la pension (ou qu’un accord ayant force exécutoire n’a pas été mis en place), le titre existant s’applique et la pension prévue reste exigible. Selon les cas, la décision de révision peut fixer une date d’effet et conduire à une régularisation : évitez donc les arrangements oraux. Ils compliquent la preuve et la régularisation.

Repères officiels sur l’organisation et la résidence de l’enfant : Service-Public.fr — Résidence de l’enfant en cas de séparation.

Être accompagné en Ille-et-Vilaine : organisation, pièces et cadre des honoraires

Préparer efficacement le rendez-vous

La SCP Jolly Bourrouillou, fondée en 2015 par Maîtres Anaïs Jolly et Solène Bourrouillou, intervient en droit de la famille à Rennes et à Montfort-sur-Meu. Les avocates sont inscrites au Barreau de Rennes (prestations de serment en 2010 et 2011). Au cabinet, Roselyne Parthenay, secrétaire juridique, facilite la circulation des pièces. C’est un atout décisif en recouvrement (employeur, adresse, justificatifs bancaires).

Honoraires et aide juridictionnelle

Avant le rendez-vous, préparez les éléments de la checklist ci-dessus. Le cadre des honoraires est fixé par convention, selon la nature et l’urgence. Selon vos ressources, l’aide juridictionnelle peut être envisagée : Service-Public.fr — Demande d’aide juridictionnelle.

Ressources officielles et sources

Sources

FAQ — Pension alimentaire impayée

À partir de quand faut-il agir en cas d’impayé ?

Dès le premier impayé. Conservez vos relevés. Faites un décompte mois par mois. Choisissez rapidement un canal (ARIPA si vous avez besoin d’intermédiation ou de recherches. Commissaire de justice si employeur ou banque sont identifiés).

La CAF peut-elle aider à recouvrer la pension alimentaire ?

Selon votre situation, la CAF via l’ARIPA peut sécuriser les versements et engager des actions de recouvrement. Il faut en général un titre exécutoire et un décompte des sommes dues.

Que faire si l’autre parent est introuvable ou change souvent d’employeur ?

Rassemblez tout ce que vous avez (ancienne adresse, ancien employeur, éléments bancaires, pièces du dossier familial). Privilégiez une stratégie qui ne dépend pas d’une seule information. Quand l’organisation familiale a réellement basculé, il peut être utile d’engager en parallèle une mise à jour (révision) pour l’avenir.

L’autre parent peut-il arrêter de payer si l’enfant vit davantage chez lui ?

Il ne doit pas arrêter unilatéralement. La bonne démarche est de saisir le JAF (ou de faire formaliser un accord ayant force exécutoire) pour adapter la pension. En attendant, la pension prévue par la décision reste exigible.

Conclusion

Face à un non-paiement de pension alimentaire, rétablissez vite un cadre clair : titre exécutoire, décompte, preuves, puis une stratégie de recouvrement adaptée (CAF/ARIPA, commissaire de justice, exécution). Selon le dossier, le recouvrement du passé peut se combiner avec une demande de révision pour l’avenir. Agissez tôt et documentez chaque étape.

Autres guides : Réviser la pension alimentaire, Pension alimentaire et impôts.

Pour aller plus loin, consultez notre page dédiée pension alimentaire.

Le cabinet traite également Pension alimentaire : comment se calcule-t-elle vraiment en 2026 ?.

Maître Anaïs JOLLY

Maître Anaïs JOLLY

Avocate au Barreau de Rennes — Cofondatrice

Avocate au Barreau de Rennes, cofondatrice de la SCP Jolly Bourrouillou en 2015 avec Maître Solène Bourrouillou.

Maître Anaïs JOLLY est titulaire d'un Master 1 « Carrières judiciaires » et d'un Master 2 « Sciences pénales » délivrés par la Faculté de droit de Rennes. Elle a obtenu le Certificat d'aptitude à la profession d'avocat (CAPA) en 2010 et a prêté serment le 17 décembre 2010.

Elle a exercé pendant cinq années au sein d'un cabinet rennais avant de cofonder la présente structure en 2015.

Notre approche

Au cabinet, nous prenons le temps d'écouter votre récit et de comprendre les enjeux concrets de votre situation avant toute analyse juridique. Le premier rendez-vous, d'une durée d'environ une heure, permet d'identifier les options procédurales possibles (négociation amiable, saisine du Juge aux affaires familiales, demande d'ordonnance de protection, etc.), d'évaluer les délais et les coûts, puis de définir avec vous une stratégie qui respecte vos priorités personnelles, familiales et patrimoniales.

Tout au long de la procédure, vous êtes informé(e) à chaque étape et les actes vous sont communiqués pour relecture avant transmission. Une convention d'honoraires écrite est signée systématiquement avant tout démarrage de dossier. Voir notre foire aux questions pour les questions de parcours et notre page honoraires pour les modes de tarification.

Engagements détaillés

Maître Anaïs JOLLY est membre du Groupe de Défense des Mineurs du Barreau de Rennes. Cet engagement collectif des avocats rennais en matière de défense des mineurs (assistance éducative, audition par le juge des enfants, défense pénale du mineur) se concrétise par une formation continue dédiée et une rotation régulière sur les permanences du Tribunal judiciaire de Rennes. Voir aussi notre page droit des mineurs.

Elle intervient également comme bénévole au CIDFF 35 — Centre d'Information sur les Droits des Femmes et des Familles d'Ille-et-Vilaine — où elle assure des consultations juridiques gratuites pour les femmes et les familles confrontées à des violences conjugales, séparations difficiles ou questions de filiation. Voir notre page violences conjugales.

Elle accepte l'aide juridictionnelle pour l'ensemble des procédures.

En savoir plus sur Maître Anaïs JOLLY

Articles connexes